Le crowdfunding pour les entrepreneurs : comment ça marche ?

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Le financement participatif pèse plus de 600 millions de francs par an en Suisse. Voici comment ça marche et comment en profiter. Le crowdfunding, appelé aussi financement participatif, est une technique de financement qui utilise internet comme canal de mise en relation entre des porteurs de projet et des personnes souhaitant investir. Une pratique très en vogue en raison de sa simplicité de fonctionnement et des difficultés que rencontrent certains créateurs à trouver des financements — pour toutes sortes de projets, les petits comme les grands. Et les chiffres donnent le vertige.

Un marché de 629 millions de francs en Suisse

La Suisse est l’un des marchés du crowdfunding les plus dynamiques au monde rapporté à sa population. Selon le Crowdfunding Monitor de la Haute école de Lucerne (HSLU), le marché suisse a progressé de 14% en 2025 pour atteindre 629 millions de francs. Et les prévisions tablent sur une croissance d’environ 30% du crowdlending en 2026. Après un record à 791,8 millions en 2021, le marché avait connu deux années de repli. Il est reparti de plus belle, porté notamment par le crowdlending immobilier : avec le durcissement des règles bancaires (Bâle III), les banques freinent sur certains crédits, et les plateformes participatives prennent le relais. Depuis l’arrivée des premières plateformes en 2008, plusieurs milliards de francs ont transité par le financement participatif en Suisse. Et le pays compte aujourd’hui environ 35 plateformes actives. Autre chiffre qui parle : plus de 75% des projets suisses mis au concours sont effectivement financés. Un taux de réussite très élevé, même en comparaison internationale.

Comment ça marche concrètement

Le principe reste simple. L’épargnant, qui souhaite investir un peu d’argent dans un projet « coup de cœur », et le porteur de projet, qui ne possède pas les fonds nécessaires au démarrage de son activité et ne souhaite pas faire appel au crédit bancaire, se rencontrent sur internet via une plateforme dédiée. Les sommes investies peuvent aller de quelques francs à plusieurs centaines, voire bien plus. En Suisse, on distingue quatre familles :

Le crowddonating — le don pur, sans contrepartie. Souvent pour des projets associatifs, sociaux ou culturels.

Le crowdsupporting — le don avec récompense : tu finances un produit avant sa sortie, tu reçois un exemplaire ou un avantage exclusif. En 2025, 9 288 projets ont été financés en Suisse dans ces deux catégories pour 35 millions de francs, avec le sport et la santé en tête (13 millions).

Le crowdinvesting — tu prends une participation aux fonds propres de la société. Ta rémunération vient des dividendes ou de la plus-value à la revente des titres.

Le crowdlending — tu prêtes contre intérêts. C’est aujourd’hui le moteur du marché suisse, dopé par l’immobilier.

Les plateformes suisses (et leurs commissions)

Le fonctionnement très simple du crowdfunding présente l’avantage de la transparence : l’épargnant sait ce qu’il finance et le fait par choix, selon ses valeurs et ses moyens. Côté coûts, les plateformes prennent une commission sur les sommes récoltées. En Suisse, les frais varient de 0 à 12% du montant collecté. Crowdify facture par exemple 9 à 11% de frais de traitement, tandis que Lokalhelden.ch (Raiffeisen) ne prélève aucun frais. Parmi les acteurs établis : wemakeit, Cashare, I believe in you (spécialisé sport), Crowdify et Lokalhelden. À l’international, l’échelle est encore autre : la plateforme américaine GoFundMe compte plus de 150 millions d’utilisateurs et a collecté plus de 30 milliards de dollars de dons.

Le cas qui inspire : Republik

Petit clin d’œil qui me tient à cœur : le record du crowdfunding suisse a longtemps été détenu par Republik, un média en ligne zurichois qui a levé près de 3 millions de francs auprès de sa communauté. Un média indépendant, sans publicité, financé directement par ses membres qui croient en sa mission. Ça ne te rappelle rien ? 😉 La preuve que le public est prêt à financer ce en quoi il croit — surtout quand les acteurs traditionnels ne font pas le job.

Conseils avant de te lancer

Prépare ta communauté avant la campagne. Les campagnes qui réussissent mobilisent leur premier cercle (famille, amis, réseau) dans les premières 48 heures. C’est cet élan initial qui crédibilise le projet aux yeux des inconnus.

Choisis la bonne famille de crowdfunding. Un produit grand public ? Crowdsupporting. Un projet immobilier ou une PME établie ? Crowdlending. Une startup en croissance ? Crowdinvesting.

Compare les commissions. Entre 0 et 12%, la différence sur une campagne à 50 000 francs, c’est jusqu’à 6 000 francs.

Sois transparent. Les contributeurs financent une histoire et une personne autant qu’un projet. Raconte la tienne, vraiment.


STAN raconte les entrepreneurs suisses et leurs réalités. Si tu as financé ton projet grâce au crowdfunding, on veut ton histoire.

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